"Commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie - Des compressions budgétaires sur le dos des élèves en difficulté" par Clairandrée Cauchy
Voici donc l'article paru dans le journal Le Devoir d'aujourd'hui concernant la situation financière de ma commission scolaire. Ce n'est rien de rassurant, je vous assure, autant pour les profs qui risquent de perdre leur emploi, mais aussi pour les profs qui resteront et qui se retrouveront avec des groupes "macédoine". (Un petit peu de ceci et un petit peu de cela.)
Pour équilibrer son budget largement déficitaire, la Commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, projette de réduire principalement les services aux élèves en difficulté d'apprentissage, a appris Le Devoir.
Aux prises avec une chute de clientèle de l'ordre de près de 10 % en quatre ans, la Commission scolaire des Hautes-Rivières (dans la région de St-Jean de Richelieu) n'arrive plus à équilibrer son budget et prévoit terminer l'année avec un manque à gagner de deux millions. La direction entend donc réduire considérablement le nombre de groupes à effectif réduit pour les élèves en difficulté afin de les intégrer plutôt dans des classes ordinaires.
Dans la mire de la restructuration, on trouve les classes de cheminement particulier temporaire (CPT) au secondaire, qui réunissent dans des groupes de 20, plutôt que de 30, des élèves que l'on espère pouvoir renvoyer au secteur ordinaire après leur avoir donné un coup de pouce supplémentaire pendant un an ou deux. Les hypothèses de redressement prévoient l'abolition de ces 41 classes. Les classes de «présecondaire», qui accueillent des élèves n'ayant pas les acquis nécessaires pour entrer au secondaire après leur sixième année, sont également appelées à disparaître, ainsi que les «classes ressources» en IIIe secondaire, pour les élèves à risque d'échec ou de décrochage.
Les scénarios comprennent aussi la réduction du tiers du nombre de classes de cheminement particulier continu au secondaire ainsi que la réduction du tiers des classes spécialisées au primaire pour les élèves ayant des difficultés graves d'apprentissage, des difficultés intellectuelles légères ou encore des difficultés langagières. Si la commission scolaire retient l'ensemble des mesures, c'est quelque 55 postes d'enseignant qui seraient supprimés. Le syndicat du personnel de l'enseignement des Hautes-Rivières réprouve les mesures d'économies préconisées par la direction et entend sensibiliser les parents au cours des prochaines semaines. «Avec les hypothèses sur la table, on est en train de mettre en péril la réussite non seulement des élèves en difficulté, mais aussi celle des élèves des classes régulières», déplore la présidente du syndicat, Jacinthe Côté. Elle estime que le nombre d'élèves en difficulté intégrés dans des classes ordinaires compliquera grandement la tâche des enseignants.
«L'incapacité de la commission scolaire d'assurer des services adaptés aux besoins des élèves incitera un plus grand nombre de parents à diriger leurs enfants vers l'école privée, diminuant encore plus le nombre d'élèves dans nos écoles et augmentant d'autant le casse-tête financier futur», écrit Mme Côté, dans une lettre envoyée la semaine dernière à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, pour lui demander d'intervenir. La présidente du syndicat estime que la direction devrait envisager d'autres avenues afin de renflouer ses coffres, notamment en compressant les dépenses administratives et en envisageant des fusions d'écoles.
Un système inefficace, selon la direction. La commission scolaire rétorque que le statu quo est intenable financièrement. Selon la directrice générale, Claude Boivin, les classes à effectif réduit ne donnent pas les résultats escomptés. L'institution ne peut plus se permettre de dépenser quatre millions de plus que ce qu'elle reçoit de Québec pour les services d'adaptation scolaire. «Malgré tout ce qu'on investit, on n'a pas les résultats souhaités. [...] Le syndicat demande le statu quo pour une offre de service dont les résultats ne sont pas probants actuellement», indique Mme Boivin, soulignant que la Commission scolaire des Hautes-Rivières traîne en queue de peloton en Montérégie au chapitre du taux de passage du secondaire au collégial. Elle ajoute que les classes de cheminement particulier temporaire s'avèrent de plus en plus permanentes à l'usage et que le taux de réussite n'y est que de 20 %.
La direction jongle donc avec d'autres modèles d'intégration en classes ordinaires, par exemple en regroupant les élèves en difficulté dans de petits groupes uniquement pour les cours de français et de mathématiques. Ce douloureux exercice de compressions survient alors même que la ministre de l'Éducation mène une réflexion sur l'intégration des élèves en difficulté. Au cabinet de Mme Courchesne, on hésite à commenter directement le dossier, qui doit faire l'objet d'une décision prochainement au conseil des commissaires. «Le débat ne se pose pas entre l'intégration [dans des classes ordinaires] ou le cheminement particulier à tout prix. [...] Si la commission scolaire préconise l'intégration, il faut qu'il y ait un très bon plan d'intervention pour chacun des élèves. [...] La réussite des élèves doit être au coeur de la décision que prendra la commission scolaire», affirme l'attaché de presse de la ministre, Jean-Pascal Bernier.
Ce que la commission scolaire ne semble pas avoir compris, c'est que les jeunes qui sont en cheminement particulier temporaire n'empochent peut-être pas leur DES, mais ils ne décrochent pas non plus parce que la plupart font leur 4e secondaire et partent ensuite faire un DEP. Ces jeunes-là réussissent dans la vie. Ils ne sont pas des "échecs"... Bref, le débat pourrait être très long, mais pour l'instant, on ne peut pas grand chose. Laissons le temps faire son oeuvre et serrons-nous les coudes pour dénoncer ces coupures qui ne font pas notre affaire!
1 comment:
On peut appeler cela de la connerie majeure.
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